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Quinzième Belgian Pride
La quinzième édition de la BLGP, devenue Belgian Pride ou Pride tout court, se déroule à Bruxelles du 14 au 16 mai 2010. La Pride est devenue une tradition annuelle. Mais cela n’allait pas du tout de soi il y a quatorze ans ! En 1996, nous pouvions descendre dans la rue mais le centre de Bruxelles nous était rigoureusement interdit.
Coup d’oeil dans le rétroviseur.
Elle vient d’où, la Gay Pride?
Dans les années ‘50 et ‘60, un mouvement homosexuel existait aux Etats-Unis et en Europe. Des hommes en costume trois pièces et des filles en tailleur manifestaient “dignement” et demandaient des droits – ou au moins de l’indulgence – pour des gens qui “étaient peut-être déviants” mais qui étaient tout de même “respectables“.
Parallèlement, il existait un circuit caché de bars et d’endroits de rencontre semi ou tout à fait clandestins.
Le “Stonewall Inn”, un bar situé dans la Christopher street à New York, était principalement fréquenté par des travestis. A l’époque, les Etats-Unis interdisaient le déguisement en dehors de la période de carnaval. Il était tout à fait interdit de mettre des vêtements du sexe opposé et la police organisait régulièrement des descentes dans le bar en question. Celui/celle qui ne pouvait pas s’enfuir à temps passait une nuit au poste.
C’était le scénario prévu le soir du 28 juin 1969. Les combis s’arrêtèrent devant le bar et les flics se préparaient à casser du travesti. Mais 1969 n’était pas une année comme les autres : le mouvement contre la guerre au Vietnam devenait un mouvement de masse et la lutte pour l’émancipation des noirs américains prenait de l’ampleur avec notamment les Black Panters… Les homosexuels ne pouvaient pas être en reste. Ce qui est remarquable, c’est que la première révolte ouverte des homosexuels s’est faite sur des talons aiguilles, en robes moulantes et avec des perruques impressionnantes. C’était la bataille des sacoches contre les matraques des flics. Un vent de liberté a soufflé dans le New York Gay et les gens accourraient de toutes parts vers Stonewall. La bataille rangée avec la police a duré trois jours. La honte avait disparu comme par enchantement. Les mots d’ordre étaient “Gay power” et “Gay Rights Now”[1], à l’instar des revendications du mouvement noir.
Les événements de Stonewall ont fait sauter le couvercle de la honte et sont commémorés chaque année par la Gay Pride de New York… et par de plus en plus de parades dans le monde entier.
Dix ans plus tard, en Belgique
Quelques associations lesbigay radicales, du côté flamand, estimaient qu’il fallait aussi une Gay Pride en Belgique. Il y avait déjà une tradition de “Roze Zaterdagen”[2] aux Pays-Bas et le 5 mai 1979, une petite centaine de personnes participait à un premier “Roze Zaterdag” à Anvers. L’année suivante, il y avait déjà un peu plus de monde à Bruxelles et le tout se terminait par une soirée assez chaude à l’Ancienne Belgique. En 1981, c’était à nouveau à Anvers que l’on fêtait le “Roze Zaterdag”. Mais c’était la dernière de la série. Le mouvement lesbigay était partagé sur l’opportunité d’une Gay Pride. Les aspects “moins sérieux” d’une parade lesbigay en effrayaient plus d’un.
A la fin des années ‘80, la FWH[3] organisait des excursions en bus pour aller participer aux “Roze Zaterdagen” aux Pays-Bas.
Les “Roze Zaterdagen” en Flandre
Les ailes modérées et plus radicales du mouvement lesbigay se rapprochèrent et convinrent d’organiser à nouveau un “Roze Zaterdag” en Flandre. A l’initiative de la FWH et du Roze Aktiefront (RAF), le Samedi Rose a lieu à Anvers le 5 mai 1990, avec un petit millier de participants, principalement des flamands, nombre de néerlandais et quelques wallons et bruxellois. Le soleil était de la partie, le tout se terminant par une grande fête sur la Groenplaats. Il ne fallait pas en rester là et très vite, la décision était prise de refaire cela tous les deux ans et chaque fois dans une ville différente. En 1992, rendez-vous était donné à Gand. Pour la première fois, il y avait une plate-forme de revendications en dix points avec deux demandes principales : une loi interdisant la discrimination sur base de l’orientation sexuelle et la reconnaissance des relations entre personnes du même sexe. La pluie a été le grand saboteur de cette journée et la presse parlait d’un “roze waterdag”[4].
Les lesbigay francophones ont ensuite voulu s’impliquer davantage et proposèrent de se revoir à Bruxelles. Mais les élections du 24 novembre 1991 furent marquées par une montée spectaculaire du Vlaam Blok fasciste à Anvers et il fut décidé de manifester à nouveau dans cette ville. En mai 1994, un millier de personnes participaient au Roze Zaterdag à Anvers.
Le 18 mai 1996 : la “Belgian Lesbian and Gay Pride – Roze Zaterdag – Samedi Rose” à Bruxelles
Et nous voilà à Bruxelles ! Il y eut beaucoup de concertations à partir de septembre 1995 et une cinquantaine d’associations de l’ensemble du pays ont décidé de créer une asbl. Les flamands voulait conserver le nom de “Roze Zaterdag” tandis que les francophones penchaient plutôt pour la “Gay Pride”. Une assemblée tumultueuse a finalement opté pour un “compromis à la belge”. Le nouveau nom serait dorénavant : “Belgian Lesbian and Gay Pride – Roze Zaterdag – Samedi Rose”.
Le reste de la cagnotte des trois éditions précédentes, une cotisation de 1000 FB (25 €) pour chaque association, quelques subsides et l’opération devenait possible ! On ne parlait pas encore de sponsors à cette époque mais il faut mentionner que la discothèque La Démence a organisé une soirée de soutien, en donnant à notre association 50 FB (1,25 €) sur chaque ticket d’entrée. Pour compléter le budget de 1.500.000 FB (37.500 €), il fallait encore réussir la soirée à la salle de la Madeleine.
Treize ans plus tard, il est difficile de s’imaginer comment cela se passait à l’époque. Il s’agissait d’un énorme défi pour toutes les associations qui estimaient que la BLGP devait réussir mais qui se lançaient dans l’inconnu absolu. Des masses d’énergie et d’enthousiasme se mettaient en branle et c’était contagieux… Même les politiques s’y mettaient. Anne Van Asbroeck, Ministre flamande de l’égalité des chances, a financé un spot publicitaire télé appelant la Flandre entière à participer à la BLGP – Roze Zaterdag. La société Roularta, régissant la publicité télévisuelle en Flandre, s’est opposée à ce spot en invoquant le caractère “anti-familial” de l’initiative. Le boycott a pu heureusement être déjoué.
La première Gay Pride nationale a été une réussite. 2.500 personnes ont répondu à l’appel. A l’époque, on parlait d’un “nombre record” ce qui était le cas, comparé aux 1000 participants à Anvers.
Et le caractère national était enfin une réalité, non seulement à travers les participants mais aussi par la symbolique utilisée. Les organisateurs distribuaient des milliers de petits drapeaux tricolores : noir, jaune et…rose ! Un grand calicot montrait un coq wallon embrassant chaleureusement un lion flamand, tenant l’iris bruxellois serré entre les deux.
Il y avait quelques délégations politiques flamandes (SP, VU et Agalev), pas de délégations francophones et pas de pointures politiques, hormi Roger Lallemand et Serge Moureaux, deux figures politiques socialistes francophones. Le parcours était assez décevant. Loin des boulevards centraux, nous marchions sur des boulevards périphériques vides, loin du centre, pour aboutir finalement à la place du Jeu de balles. Le bourgmestre de l’époque, Xavier de Donnéa, prétendait que les commerçants du centre ne voulaient pas de notre parade. Mais le positif l’emportait : autant de gens pour une première fois à Bruxelles… c’était prometteur.
La fête à la Madeleine devait boucler le budget, mais obtenir cette salle ne fut pas une mince affaire. Le gérant avait d’abord refusé de nous louer la salle en disant qu’il avait aussi refusé la tenue d’une bourse érotique (!?). Mais nous avons finalement pu le convaincre. La soirée a été un grand succès et le gérant a immédiatement voulu signer pour l’année suivante!
Controverse après la première BLGP
La télévision avait surtout montré des images du char de La Démence : des masses de muscles huilés en string, entourées de travestis ! Quelle honte, quelle image épouvantable !!! Nous avions réfléchi aux images et le défilé s’ouvrait par un drapeau arc-en-ciel de 50 mètres de long et une calèche transportant deux couples : deux filles et deux garçons. Mais non, la télé montrait des torses nus ! Nous voilà partis pour des mois de discussions sur l’”opportunité” de personnages extravagants dans la pride. La conclusion fut que tout le monde était le bienvenu à la Gay Pride – à condition de respecter les “bonnes moeurs” – et qu’il fallait que l’on fasse plutôt un travail de sensibilisation envers la presse, afin de la convaincre de donner une information plus nuancée.
Autre discussion : où organiser la prochaine pride et quand ? Conclusion : une parade annuelle à Bruxelles… au moins dans un premier temps! La capitale hébergeait en effet les forces politiques qui devaient réaliser nos revendications et il était évident que c’était le meilleur endroit pour réunir Flamands, Wallons, Bruxellois et autres Européens. Pour maintenir la pression politique, une marche annuelle semblait aussi tout à fait indiquée.
Place du Jeu de balles – place Rouppe – Marché au poisson
En août 1996, il y eut l’affaire Dutroux. Ce fut ensuite, en septembre de la même année, les accusations (non fondées) de pédophilie contre Elio Di Rupo, alors ministre socialiste dans le gouvernement fédéral. Ces événements graves risquaient de briser notre élan mais le bourgmestre de Bruxelles – toujours de Donéa – donna tout de même l’autorisation de manifester – mais toujours avec le même parcours sur les boulevards périphériques !
Cette année-là, les dix revendications ponctuaient notre marche. Elles étaient affichées sur de grands calicots, chacun porté par quatre personnes.
1998 apportait un petit changement dans le parcours : le cortège se terminait place Rouppe, ce qui nous rapprochait quand même un peu du centre. Nous demandions aussi à chaque participant d’illustrer une des dix revendications. Le plus spectaculaire était le sauna Le Macho qui montrait qu’il voulait sortir “la débauche du Code Pénal”. Cette troisième édition comptait déjà 6.000 participants.
C’est aussi en 1998 que l’on a pris l’initiative d’organiser une “semaine rose”, devenue “semaine arc-en-ciel” par la suite.
Et entre-temps, tout le monde parlait de la BLGP, sans encore s’encombrer de samedis ou de roses!
1999 a été une année charnière à plusieurs égards.
Un comité de soutien – avec un centaine de signatures du monde politique et artistique – a été créé pour soutenir les deux revendications principales et un premier débat politique a réuni nombre de présidents de partis. En effet, les élections fédérales s’annonçaient pour le 13 juin et nous demandions que nos revendications principales – la loi contre la discrimination et la reconnaissance du couple – soient reprises dans la déclaration gouvernementale. Nous avons été entendus : le nouveau gouvernement l’a fait ! Pour l’anecdote, ce gouvernement était dénommé Arc-en-Ciel, en raison des partis qui le composaient.
Nous avions aussi augmenté la pression pour obtenir de la Ville un meilleur parcours. Des centaines de commerçants du centre ont signé une pétition disant qu’ils ne voyaient aucun inconvénient à ce que la BLGP passe dans leur quartier. Monsieur de Donnéa a superbement ignoré cette démarche.
Mais après quatre éditions, la BLGP était devenue une évidence pour la plupart des associations. Officiellement, nous comptions 70 associations dans l’asbl mais en réalité, seul un petit noyau d’organisateurs portait à lui seul la totalité de l’entreprise. Cette équipe a démissionné à la fin de l’été 1999.
La FWH et la FAGL[5] ont compris le message et ont pris leurs responsabilités. L’asbl BLGP a été transformée, se composant dorénavant des fédérations. La FWH a mis une coordinatrice – Anne Lescrauwaet – à la disposition de l’organisation. Nous avions enfin un permanent durant un bon nombre de mois. Anne a réussi à réanimer les troupes et nous étions repartis. La pression pour un meilleur parcours a été augmentée avec un tout nouveau concept comme résultat : départ du cortège à partir du Vismet (Marché au poisson) et arrivée du cortège au même endroit, où s’était construit un vrai village lesbigay. Cela donnait une ambiance du tonnerre au départ et une grande fête à l’arrivée. Nous pouvions aussi emprunter un petit bout du boulevard Anspach (jusqu’à la place De Brouckère) mais passer devant la Bourse n’était toujours pas autorisé ! Il y a eu 10.000 participants cette année-là et pour la première fois, les trottoirs tout au long du parcours étaient bondés. Une autre première : des ministres qui venaient porter le drapeau arc-en-ciel et des représentations de quasi tous les partis politiques démocratiques dans le cortège.
La BLGP devient partie du programme des festivités bruxelloises
Les élections communales en octobre 2000 laissent la place à une nouvelle majorité à Bruxelles-ville, avec Freddy Thielemans comme bourgmestre et un tout nouvel échevin de l’égalité des chances – un gay qui ne se cache nullement – Bruno De Lille.
Et tout change pour la BLGP. Au lieu d’être “tolérés” par la Ville, nous devenons des hôtes de marque. La semaine arc-en-ciel commence par une réception officielle à l’hôtel de ville et une mini-pride nous mène vers Manneke et Jeanneke Pis. Le bourgmestre et l’échevin écrivent un avant-propos dans la brochure et prennent officiellement la parole au Vismet. Même le parlement bruxellois s’y met : la présidente, Magda De Galan organise une réception durant laquelle on hisse le drapeau arc-en-ciel sur le bâtiment parlementaire. Un calicot énorme annonce la BLGP, tout près de la Bourse et la ville organise un concours pour les commerçants : “les vitrines roses”.
Lors du cortège, le drapeau arc-en-ciel de 25 mètres est applaudi par des centaines de spectateurs sur les marches de…la Bourse. Nous sommes le 5 mai 2001 et la BLGP a enfin conquis le centre de Bruxelles. Les organisateurs ont du mal à y croire.
La loi contre les discriminations et le mariage… de justesse!
Un an plus tard: nous sommes le 4 mai 2002, septième édition de la pride. De nouvelles élections fédérales s’annoncent et nos revendications se trouvent encore et toujours dans les tiroirs du gouvernement arc-en-ciel. Depuis janvier 2000, nous avons bien le “contrat de cohabitation legale” mais cette disposition n’a quasi pas de contenu sauf son importance symbolique. La télé montre des images de lesbigays déçus, voir en rage!
Mais l’inespéré se réalise quand même en dernière minute :
- la loi contre la discrimination, notamment sur base de l’orientation sexuelle, passe en décembre 2002.
- début 2003, nous assistons à l’ouverture du mariage aux couples du même sexe. Le droit à l’adoption n’est pas inclus et il y a quelques restrictions supplémentaires (si le partenaire est étranger, il ne peut provenir que d’un pays où le mariage entre personnes de même sexe est autorisé. En 2003, cela veut dire que l’on peut uniquement se marier, belges mis à part, qu’avec des hollandais. C’est limité comme perspective!)
Le 3 mai 2003: 20.000 participants fêtent la victoire mais disent “We Want More[6]“
La Belgique se trouve tout à coup en tête en matière de réalisation des droits des lesbigays et cela vaut une fête. Il faut cependant maintenir la pression pour que les droits soient pleinement réalisés. “We want more” est le slogan de cette huitième édition et un nouveau logo doit augmenter la visibilité. Le nombre de participants tend vers les 20.000 et la foule tout au long du parcours devient encore plus importante.
Tous les femmes et hommes politiques présents sont appelés sur le podium et reçoivent une rose (mais pas la parole) !
Puisque l’essentiel des revendications a été réalisé – le mariage avec un non-néerlandais est désormais permis aussi – le thème de la neuvième édition se veut plus large. Le 22 mai 2004, environ 20.000 personnes marchent derrière le slogan “Liberté, Egalité, Diversité”. Il y a toujours la fête au Marché au Poisson et c’est un succès mais, pour la première fois, nous ne disposons plus de la salle de la Madeleine et la fête a lieu au BEB à Molenbeek. C’est un très bel endroit mais trop décentré et la soirée n’est pas un franc succès et représente une perte financière considérable.
2005 : la dixième BLGP attire 25.000 participants sous le thème “It’s a Family Affair”!
L’ obtention de l’adoption devient urgente parce que les élections fédérales se pointent à nouveau à l’horizon. La Pride se concentre sur cette question en disant “It’s a Family Affair”, tout en faisant un grand clin d’oeil à la grande famille lesbigay internationale. Et nous faisons le plein : le cap des 25.000 participants est atteint!
On teste une nouvelle formule : une fête populaire et un village lesbigay dans le quartier Saint-Jacques et la soirée à l’Ancienne Belgique, avec Chantal Goya en guise d’apéritif. La marche et le village sont un succès et l’AB est trop petite.
Quelques mois plus tard, l’adoption devient un acquis pour les lesbigays… nos revendications légales sont désormais réalisées pour l’essentiel.
Ces succès n’ont certes pas été obtenus par la seule tenue de dix Gay Prides. Sans l’action et le lobbying quotidien des associations – grand merci à la Holebifederatie et à Anke Hintjens, grand merci à la FAGL – sans l’action des femmes et hommes politiques sympathisants, nous n’aurions pas obtenu ce résultat. Mais la pression d’une BLGP annuelle et toujours plus nombreuse a contribué largement à ce résultat puisque l’ensemble du mouvement du pays s’y réunit et manifeste.
Tout n’est cependant pas rose : la dixième BLGP est la dernière de Anne Lescrauwaet et depuis son départ, il y a eu des problèmes énormes pour constituer un secrétariat durable, assurant une continuité. C’est en fait un pur scandale qu’un événement annuel de cette envergure est essentiellement organisé par des bénévoles, compétents et enthousiastes, certes, mais bénévoles. Il faut à nouveau se contenter d’engager quelqu’un mi-temps, les trois derniers mois avant la pride ! Mais malgré cet incroyable handicap, l’aventure continue immanquablement !
Crise en 2006, renouveau en 2007
L’édition de 2006 a failli être annulée mais s’organise malgré tout. Il y a moins de participants (17.000); les associations sont moins impliquées mais un petit groupe de nouveaux bénévoles convaincus remet la machine en marche…et nous voilà repartis!
Cette année, le bourgmestre Thielemans tient son speech sur le balcon de la Maison Arc-en-Ciel. Au même moment, à la Gay Pride de Moscou des participants se font tabasser par des contre-manifestants et la police intervient à peine. Il est clair que la solidarité internationale doit devenir une part importante de nos initiatives. Nous avons obtenu pas mal d’acquis en Belgique, tandis qu’en Iran, des homosexuels sont pendu s! Il est temps d’intensifier nos liens de solidarité avec le reste du monde.
Le slogan de 2007 est à propos: “Keep on Moving[7]“. Le groupe de bénévoles autour de Hans et de Youri devient plus nombreux, un embryon de secrétariat professionnel se crée avec l’engagement de Lies et les associations s’activent. Tels Quels décide de se retirer de l’organisation et organise son propre programme, mais la FAGL et Arc-en-Ciel Wallonie redoublent d’efforts, ce qui donne des perspectives prometteuses. Le cortège de 2007 est un peu “brouillon” mais le village dans et autour de la rue Marché-au-Charbon est formidable et la soirée à l’AB, à nouveau entièrement entre les mains de la BLGP, est un bain plein de bulles! Il y a plus de sponsors, moins de subsides et c’est un équilibre qu’il faut retrouver d’urgence. Mais malgré des messages alarmants dans certains média et à travers radio tamtam, la situation financière de la BLGP est saine et nous pouvons investir dans les BLGP à venir.
Une délégation de la BLGP s’est rendue, fin juin 2007, à Istambul pour y soutenir la Gay Pride. Nous avons apporté notre drapeau arc-en-ciel de 25 mètres de long , celui qui a servi 12 fois d’affilée à Bruxelles, et nous l’avons laissé là-bas, en guise de soutien.
En octobre 2007, une délégation s’est rendue au congrès international de l’Inter-Pride à Zürich. Cela pourrait annoncer une Euro- ou même une World-pride dans les années qui viennent.
2008 – Gilbert Baker, le créateur du drapeau arc-en-ciel, emmène à Bruxelles une copie de l’original
Grâce à nos contacts internationaux, nous avons réussi à inviter Gilbert Baker à Bruxelles. C’est lui qui a créé le drapeau arc-en-ciel en ‘78 comme symbole de la “gay liberation”. On fêtait donc le trentième anniversaire de ce symbole, constitué à l’origine de 8 bandes de couleur différente. Gilbert a apporté une copie du drapeau qui a été porté en ouverture de ce 13e défilé. En principe, ce même drapeau reviendra chaque année en Belgique avant de circuler vers d’autres défilés.
Nous avons aussi pu accueillir une délégation importante de l’ILGA (International Lesbian end Gay Association) qui avait choisi ce week-end pour organiser une rencontre à Bruxelles. Notre rayonnement international prend forme.
La date de la BLGP 2008 était tout un symbole : le 17 mai est depuis 2005 la journée mondiale contre l’homophobie. La Zinneke Parade avait pris une option pour cette date mais a décidé de nous laisser la priorité. Grand merci à Myriam Stoffen et aux administrateurs de la Zinneke!
Ceci constituait un premier pas vers une collaboration et des possibilités de partenariat avec la Zinneke.
Nous espérons aussi que cette date devienne une tradition : chaque année le samedi qui se rapproche le plus du 17 mai.
Le slogan de 2008 était “Celebrate diversity”. Cela signifiait que nous invitions tout le monde à venir célébrer la richesse de la diversité ! Nous avons compté 20.000 personnes, dans le défilé et le long du parcours. Le nombre de participants est donc à nouveau en hausse… mais cela peut encore s’améliorer.
2009 était une année de transition sous le slogan “Change your mind”
Un partenariat structurel a été entamé avec la Ville de Bruxelles et la Région de Bruxelles-Capitale. La collaboration avec le secteur commercial a aussi été renforcé sans que le commerce prenne le dessus pour autant. Nous pouvons encore améliorer pas mal de choses au niveau de la marche mais le “village” était un énorme succès que nous pouvons encore élargir.
Chille Deman
(Président de la BLGP de 1995 à 1999; actuellement trésorier)
[1] “Le pouvoir aux gays” et ” les droits pour les gays maintenant”[2] Samedis Roses
[3] Federaie Werkgroepen Homoseksualiteit, devenu la Holebifederatie depuis lors.
[4] Une journée d’eau de rose (traduction litéraire!)
[5] Fédération des associations gays et lesbiennes
[6] Nous voulons plus !
[7] Restez en mouvement ; maintenez la pression

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